ven 25 juin 2010
DOISNEAU A AUBUSSON - 3 - JEAN LURCAT
Par Frédéric Gravier in DOCUMENTS← DOISNEAU A AUBUSSON - 2 | Salon du Livre Ancien et du Patrimoine Papier →
Robert Doisneau a photographié Lurçat dans son atelier à aubusson en train de peindre et de regarder ses tapisseries. On aperçoit également, les ouvrières tisser la tapisserie selon les indications de Lurçat. Les lissiéres tissent "la Naissance de Lansquenet" tapisseries exécutée en 1946, (2,25 x 2,80 m) et exposée au Musée d'Art Moderne de Paris. Le Lansquenet est un mot d'origine allemande qui au XVIème signifiait mercenaire.Laissons parler Lurçat de cette époque : « L'armistice nous a atteints là-bas à Aubusson. Je me souviens, nous étions, Gromaire et moi dans un état moral assez piteux. Nous sortions d'une rude épreuve, mais dès le lendemain ou le surlendemain, j'ai demandé à Gromaire, à Guillaume et à une paire de chefs d'atelier de venir à la maison et je leur ai dit : Très bien, il se clôt un chapitre, il va s'en ouvrir un autre. Eh bien ! il faut tout de suite que nous prenions nos dispositions et que nous marquions le coup. Nous devons étudier dès maintenant les conditions dans lesquelles nous allons travailler en commun pour refaire la tapisserie française… Et puis, nous allons voir aussi comment nous pouvons concourir au relèvement du pays, parce que la défaite, moi, je n'y crois pas. »
Dans les ateliers Tabard et Goubely, Lurçat surveille l’exécution de ses cartons, en collaboration étroite avec les ouvriers et chefs d’atelier, tout en affrontant les rigueurs de l’hiver creusois.
« Nous gelions dans nos ateliers ; Gromaire sous les toits, chez Goubely, sans recul pour ses grandes pièces ; Dubreuil d’un côté et moi de l’autre, chez Tabard, dans de vastes halles où, plus d’un matins, nous trouvâmes nos couleurs gelées. »
En 1944, la galerie parisienne Carré expose une vingtaine de tapisseries contemporaines cependant que Lurçat rejoint le maquis le 7 juin 1944, apprenant peu après la mort par pendaison de son fils adoptif, Victor. La guerre enfin terminée, l’artiste achète la forteresse des Tours Saint-Laurent à Saint-Céré, atelier idéal pour les grands cartons dont les ateliers aubussonnais réalisent aussitôt la transcription textile, à l’image de la Naissance du Lansquenet (1946, 2,25 x 2,80 m) ou du Conscrit des cent villages (1947, 2,28 x 1,80 m), toutes deux tissées par Tabard.



Avec l'aimable autorisation de © atelier Robert Doisneau. Reproduction interdite. Atelier Robert Doisneau 46 place Jules Ferry 92120 Montrouge


Le samedi 26 juin 2010 à 10:19
Pour info, la "naissance du Lansquenet" parfois appelé "Renaissance du Lansquenet" (voir certains livres d'histoire de Terminale où elle est reproduite) ne correspond pas du tout au coq que l'on voit et dont Lurçat travaille le carton.
C'est une tapisserie trés noire contrairement à la luminosité habituelle de Lurçat.
Sinon t'es sûr de sa localisation ? Parce que moi, j'avais plutôt acquise par dation en 1989 au Centre Pompidou et en dépôt à Angers au musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine.
en tout cas, toujours superbe série et beau travail de les avoir là, merci.
Le lundi 28 juin 2010 à 13:33
Merci JN , j'avais vainement cherché sur le Web une image de cette tapisserie et j'ai bien trouvé une partie des infos dans un livre d'histoire scolaire que je n'ai pas pu emprunté. Je n'ai pas trouvé d'autre réf que celles du MAM, mais peut-être l'oeuvre a t'elle été prêtée ??
La noirceur de l'oeuvre traduit bien celle de l'époque et le chagrin de l'artiste.
Le jeudi 25 novembre 2010 à 23:16
Bonjour,
Je cherche des renseignements sur un tissé de Lurçat représentant un oiseau, des poissons, et un insecte genre cigale.
Merci d'avance
Le dimanche 28 novembre 2010 à 18:36
Si vous avez la possibilité d'une image, merci de me l'envoyer à saintrapt@free.fr